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La mue et les pertes de poils chez les lapins

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous recevons beaucoup de questions sur la mue et les pertes de poils chez les lapins. Voici des éléments de réponse vous permettant de comprendre ce qui se passe quand ils muent et de gérer les risques associés. Mais aussi des informations sur les pathologies pouvant entraîner des pertes de poils.

Causes et conséquences, on vous dit tout sur la mue et les pertes de poils chez les lapins de compagnie !

La mue chez le lapin

Qu’est-ce que la mue ?

Dans de nombreuses espèces, la mue est un phénomène physiologique de renouvellement des téguments (poils, plumes, écailles…) d’un animal, sous l’influence de la croissance, de l’âge et des conditions du milieu.

Chez les animaux sauvages, cette mue est parfois associée à un renouvellement significatif de l’apparence externe (changement de couleur ou de longueur de poil par exemple, permettant un meilleur camouflage dans l’environnement).

Norbert Rosing – National Geographic

En général la mue commence par l’arrière train et progresse vers l’avant. Chez le lapin, la 1ère mue (remplacement du poil de bébé vers un pelage d’adulte) se fait vers 4 à 5 mois.

Quand est-ce que les animaux muent ?

Toute l’année, les chats, les lapins, les chevaux et les chiens etc. perdent leurs poils. Leurs poils meurent et tombent, comme nos cheveux, tous les jours. Mais ces chutes s’accentuent 2 fois par an : au printemps et à l’automne, au moment où les changements d’ensoleillement sont les plus manifestes. Les températures influent sur la mue, mais bien moins que l’ensoleillement, facteur n°1 du déclenchement de ce phénomène.

Involontaire et automatique, la mue est déclenchée par l’allongement de la photopériode (la durée du jour par rapport à la nuit). Celle-ci provoque des sécrétions hormonales qui aboutissent à la chute du pelage.

Pour la mue d’automne, le poil devient plus dense et plus épais afin de faire face aux baisses de températures liées à l’arrivée de l’hiver tandis qu’au printemps, on observe un désépaississement avant l’arrivée de la belle saison.

En terme de quantités de poils perdus, la mue de printemps est la pire. En ordre général, les animaux vivant en intérieur ont des mues moins importantes que celles de ceux vivant à l’extérieur.

Qu’est-ce que le cycle pilaire ou folliculaire ?

Les poils du lapin poussent de manière cyclique. La pousse connait 3 phases :

  • Phase de croissance (phase anagène) : se décompose en plusieurs étapes et sa durée détermine la longueur du poil. Cette durée dépend surtout de la race, de facteurs individuels hormonaux et de facteurs extérieurs (alimentation/saison/mode de vie…)
  • Phase intermédiaire (phase catagène)
  • Phase de repos (phase télogène)

Chaque follicule a un cycle qui lui est propre. Ils ne sont pas synchronisés ce qui explique que le pelage se renouvelle toute l’année petit à petit sur l’ensemble du corps.

Comment savoir que c’est bien la mue et pas un problème de santé ?

Le pelage possède des rôles nombreux : thermorégulation, protection physique contre les UV, la pluie, l’humidité. Mais il est aussi un bon indicateur de l’état de santé général de votre animal.

Certaines mues sont terribles et les lapins se retrouvent avec des véritables trous sans poils ou presque. Ce n’est pas forcément anormal. Le style de mue peut varier d’un lapin à l’autre. Certains muent de manière progressive, par zones/touffes, avec alopécie. D’autres muent suivant une ligne démarcative entre le poil ancien et la nouvelle repousse. Ce qui vous permettra de savoir s’il faut consulter un vétérinaire ou pas sont les phénomènes associés à cette chute.

Associée à des boutons, des croûtes, un prurit ou des plaques (peau rouge) il y a alors certainement une affection dermatologique (parasites, infection, allergie…). Certaines maladies endocriniennes entrainent également des chutes de poils en plaques anormales (souvent sur les flancs et de manière symétrique).

En cas de doute, il vous faudra consulter le vétérinaire. La plupart des maladies de peau ne sont pas très compliquées à soigner mais elles peuvent devenir très graves si elles ne sont pas prises en charge à temps. N’attendez pas d’avoir un lapin tout nu et rouge vif pour consulter !

Votre lapin peut changer de couleur ou avoir des zones de différentes couleurs pendant la mue, c’est tout à fait normal. Certains changements de couleurs sont tout simplement liés à la longueur du poil qui repousse. (une repousse plus courte est souvent plus foncée que les poils plus longs)

En cas de stress (visite chez le vétérinaire, déplacement, changement de rythme de vie…) la quantité de poils perdus peut augmenter, si cela ne dure pas, il n’y a pas de quoi se faire de soucis.

Quels sont les risques de la mue ?

Le véritable risque de la mue pour les lapins est l’arrêt de transit (ou ralentissement) lié à une trop grande ingestion de poils.

Quand il se lave votre lapin se lèche et avale des poils ; c’est tout à fait normal mais pendant la mue votre animal en avalera 10 fois plus et cela peut finir par “boucher” le système digestif. Les poils se mélangent au contenu de l’estomac et durcissent pour former de grosses boules de poils qu’on appelle aussi “trichobézoards”. Ces boules de poils doivent être retirées chirurgicalement.

Clinique vétérinaire de Messine – https://clinvetmetz.fr

Généralement, le blocage se situe au niveau de l’estomac, mais peut aussi se localiser dans l’intestin grêle, au niveau de l’anus, ou de toute autre partie du tube digestif.

Vous pouvez détecter cette trop grande ingestion de poils en surveillant les crottes. En effet, dans cette situation, votre lapin se mettra à faire des crottes dans lesquelles les poils sont facilement visibles ou des crotte en chapelet (reliées entre elles par des poils, elles forment de petites guirlandes). Des crottes de plus en plus petites et de moins en moins nombreuses sont également de bons indicateurs.

Que faire en cas de mue ?

Le rôle de l’alimentation

Afin de pouvoir évacuer les poils ingérés votre lapin doit avoir une alimentation très riche en fibres : du foin, du foin et encore du foin ! L’acidité de l’estomac ni son microbiote ne peuvent dissoudre les poils.

Votre lapin doit également boire beaucoup (s’il boit peu donnez lui des aliments frais).

Eau + beaucoup de fibres permettent d’éviter les constipations et d’augmenter le mucus dans le système digestif. Cela permet de faire circuler les poils jusqu’à la sortie.

Activité physique

L’activité physique est un facteur de bon transit chez les lapins. La sédentarité est un facteur aggravant du risque de stase. Plus le transit ralenti plus le risque de boules de poils augmente.

Le brossage

Brosser votre lapin 2 fois par jour en période de mue est votre meilleur allié. C’est la technique la plus efficace pour limiter l’ingestion de poils et éviter que ceux-ci ne volent dans tous les recoins de la maison.

La peau du lapin est très fragile, il faut donc être délicat quand on le brosse. Dans le cas des lapins angoras (vrais angoras ! pas tête de lion), une tonte de printemps/été est souvent recommandée pour les soulager et limiter le risque. Ces pelages ne sont pas du tout naturels et ils ont donc souvent besoin de notre aide pour vivre avec correctement.

Vous pouvez brosser votre lapin avec une petite brosse, un gant ou à la main (humidifiez vous la main et caressez votre lapin).

Autres méthodes

Toutes les autres méthodes : jus d’ananas, complément alimentaires sous forme de cachets etc…. n’ont, à notre connaissance, aucune base scientifique démontrant une efficacité directe intéressante. Il est toujours important de s’interroger sur le bénéfice/risque avant d’agir.

Les fructo-oligosacharides, molécules aussi appelées prébiotiques (à ne pas confondre avec les probiotiques), favorisent la prolifération des bactéries bénéfiques et inhibent la croissance de bactéries pathogènes. Ça ne peut pas faire de mal en cas de troubles digestifs mais cela n’aura pas d’action directe et concrète sur l’évacuation des poils.

L’ananas et la papaye contiennent des enzymes (bromelaïne et papaïne) qui aident la digestion de certains aliments (et désagrègent le mucus maintenant les poils et les aliments en boules compactes) mais ne font pas fondre les poils. Il vaut mieux donner ces aliments frais plutôt que des dérivés. Ces deux fruits ne sont donc pas des sources de miracles, même si certains propriétaires de lapins notent de légères améliorations en en donnant.

Dans tous les cas, ces “remèdes maison” ne pourront être que des petits plus, pas forcément toujours efficaces et comprenant des risques.

Fibres + cellulose + eau + brossage + activité physique = la vraie solution

Cependant nous préférons vous mettre en garde sur le fait qu’un grand apport en sucres en cas de trouble digestif n’est pas forcément la meilleure idée.

La meilleure de toutes les préventions contre les risques liés à la mue restent une alimentation équilibrée et très riche en fibre ainsi qu’un brossage régulier (2 fois par jour en période de mue).

En cas de doutes sur l’état de santé de votre poilu consultez le vétérinaire (un vétérinaire spécialisé ou un vétérinaire reconnu pour sa compétence en lapins) ! C’est son métier !

Quelles pathologies peuvent générer des pertes importantes de poils ?

La gale

Causée par des acariens, la gale se manifeste en 1er lieu dans les oreilles (bien qu’il y ait des exceptions). Des croûtes apparaissent et votre lapin a de grosses démangeaisons. Attention, la gale est contagieuse et peut se transmettre aux autres animaux de la maison ou à l’humain, c’est une zoonose. Il est donc nécessaire de traiter son animal le plus rapidement possible.

Gale des oreilles à un stade avancé. Photo Clinique vétérinaire Lingostière

Mycoses : la teigne et dermatophyties

La teigne est une zoonose qui se caractérise par l’apparition de zones sans poils et de lésions rougeâtres, chez l’homme elle provoque souvent des plaques en forme de roues. Ce champignon, que l’on rencontre notamment chez les chiens, les chevaux et les chats, provoque de fortes démangeaisons.

Souvent les poils se détachent par petites touffes de poils reliés à leur base par du squame.

Cheyletielles

Ce sont de petits acariens capables de causer des chutes importantes de poils au niveau de la tête, du cou et du dos de votre lapin. Surtout présents au printemps, les lésions qu’ils créent sur la peau entraînent la formation de croûtes grisâtres.

Myxomatose

Source : https://fr.point.pet

Cette maladie se vaccine. Le vaccin n’empêche pas à 100% votre lapin de l’attraper mais chez les animaux vaccinés, le taux de mortalité s’effondre. C’est donc très important.

“Elle est due à un Poxvirus, transmis par piqûres de moustiques, et se traduit par l’apparition de nodules (myxomes), plus ou moins gros, sur la tête et les organes génitaux. Il existe aussi une forme également appelée « maladie des boutons rouges », qui se traduit par l’apparition sur tout le corps de vésicules, puis d’ulcères noirâtres. Tout cela s’accompagne évidemment de fièvre, abattement, anorexie, jetage nasal… ensemble ou séparément.” (Clinique vétérinaire de Calvisson)

Dermites bactériennes

Un lapin peut avoir des infections par :

  • Les staphylocoques, (abcès, infection des pieds, perte de poils qui évolue vers une plaie suintante),
  • Des pasteurelles, (lésions qui deviennent croûteuses avant que les poils tombent)
  • Des pseudomonas (la dermite se développe, en général, dans les régions humides du corps)
  • La syphilis (qui génère des chutes de poils, ulcères et croûtes sur la tête et les organes génitaux.)

Les dermites se traitent facilement grâce à des antibiotiques et des mesures hygiéniques (litières propres, suppression des sources d’humidité,  bon entretien des yeux pour éviter un larmoiement récurrent…)

Allergie

Une réaction allergique à un médicament, un aliment, une plante ou même à un produit vétérinaire (anti-puces, vermifuge, vaccin…) peut être à l’origine d’une perte de poils. Il faudra trouver la cause de cette allergie afin d’éviter des complications respiratoires par exemple.

Alopécie liée au stress

Un stress peut engendrer des pertes de poils.

Si ce stress est ponctuel, cette chute sera de courte durée et sans conséquences : visite chez le véto, changement de vie, voyage…

Si le stress est récurrent ou permanent il faudra trouver des solutions, un animal a besoin de sérénité et de calme. Certains cas extrêmes engendrent des pertes totales des poils.

Alopécie comportementale

  • Un animal mal dans sa peau, quelle qu’en soit la raison, pourra se lécher ou se gratter excessivement ce qui pourra engendrer des pertes de poils localisées. Certains développent des tocs et s’arrachent compulsivement les poils.
  • Il arrive également que lorsque les animaux vivent en groupe certains individus arrachent les poils de leurs congénères.
  • Les lapines gestantes, proches de la mise bas, ou faisant une grossesse nerveuse construisent un nid. Pour ce faire, elles s’arrachent les poils du ventre et des flancs.

Dans ces cas là, il sera important, accompagné de votre vétérinaire ou d’un comportementaliste, de déterminer les causes pour trouver des solutions pérennes.

Sources :

M. Philit : Dermatoses parasitaires des rongeurs et du lapin de compagnie : http://www2.vetagro-sup.fr/etu/DPN/

S. Boucher : Conduite à tenir devant une alopécie chez les rongeurs et les lagomorphes. Les Ateliers du Sud-Est : les NAC au quotidien. 19-21 septembre 2008. 67-72[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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