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Épisode 5 – L’arrêt de transit

Episode 5 - L’arrêt de transit

Épisode 5 – L’arrêt de transit

Votre lapin ne mange plus ou presque, il refuse même ses friandises préférées. Pourquoi et que dois-je faire ?

Les lapins possèdent un système digestif complexe, dans lequel la nourriture est digérée 2 fois, ils mangent certains de leurs excréments que l’on nomme cæcotrophes. Une alimentation adaptée, de l’exercice quotidiennement et une hygiène de vie adaptée sont les clés d’un bon équilibre de la flore digestive, mais un stress ou une pathologie peuvent rapidement déclencher des troubles sévères qui peuvent mettre la vie de votre poilu en danger.

Nous n’évoquerons pas dans cet article les problèmes dentaires qui peuvent être une cause indirecte de ralentissement de transit puisque le lapin ne pourra plus s’alimenter correctement.

1. Est-ce un arrêt de transit ou couve-t-il autre chose ?

La meilleure façon de le savoir est de vérifier qu’il fasse des crottes. Si vous avez le moindre doute nous vous conseillons de nettoyer la litière afin de savoir si son transit fonctionne correctement ; une fois la litière propre vous pourrez surveiller plus facilement qu’il fasse un nombre normal de crottes.

Plus de crottes ou des crottes minuscules ? Votre lapin fait probablement un arrêt de transit.

Un lapin fait environ 360 crottes par jour d’après les études de Ronald Lockley sur les lapins sauvages “The Private Life of the Rabbit: An Account of the Life History and Social Behavior of the Wild Rabbit”

A cet arrêt des crottes sera souvent associé :

  • Une perte d’appétit
  • Le lapin reste prostré (position de la “poule” prolongée)
  • Réplétion de l’estomac (à la palpation le ventre est dur car l’estomac est plein, trop plein)
  • En cas de forte douleur, votre lapin peut grincer des dents
  • Arrêt ou excès d’hydratation

2. Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

En général, le problème est d’ordre nutritionnel : il s’agit souvent d’un déficit de consommation de fibres végétales et/ou d’un abreuvement insuffisant. La sédentarité forcée à cause de la vie exclusivement en cage (que nous vous déconseillons très fortement) favorise également la stase digestive, en ralentissant le péristaltisme. ( On appelle péristaltisme l’ensemble des contractions musculaires (« mouvements péristaltiques ») permettant la progression d’un contenu à l’intérieur d’un organe creux.)

3. Comment réagir ?

Il s’agit là d’une urgence vétérinaire ! Il faut donc l’y conduire très rapidement, de jour comme de nuit, un arrêt de transit peut entraîner la mort de votre compagnon. Si vous attendez trop longtemps, une obstruction totale peut arriver et dans ce cas là il faudra intervenir chirurgicalement ; sachez que cette opération échoue dans plus de 60% des cas. Il ne faut donc pas prendre ce problème à la légère.

En attendant de vous rendre chez le vétérinaire vous devez :

  • Retirer les granulés
  • Laisser de l’eau et du foin
  • Ne surtout pas gaver votre animal (cela pourrait entraîner une occlusion) avant que la transit ait repris
  • Maintenir votre lapin au chaud (les vétérinaires déconseillent les lampes IR, trop agressives)

4. Que va faire le vétérinaire ?

Le tout 1er examen clinique à réaliser est une radio abdominale. Bien souvent votre lapin devra être sédaté à l’isoflurane pour réaliser cet examen ; en effet le risque de fracture lors de la contention est très important, nos petits poilus sont généralement peu participatifs !

La stase entraîne une dilatation de l’estomac qui sera visible à la radio.

Dans un 2ème temps, votre praticien vérifiera la glycémie. une valeur au dessus de 4 g/l confirme une suspicion d’obstruction pylorique et doit pousser à intervenir chirurgicalement.

Il est très probable que votre vétérinaire vous préconise une hospitalisation si sa structure le lui permet. En cas de structure non adapté, il préfèrera le renvoyer à la maison plutôt que de générer un stress qui pourrait aggraver sa situation.

Si la lecture de la radio laisse des doutes, une échographie digestive sera pratiquée afin de vérifier la motricité intestinale (surtout au niveau du duodénum). Elle permettra également d’écarter une éventuelle tumeur, un ulcère ou un corps étranger.

Que cela soit chez vous ou à la clinique votre vétérinaire va :

  • Mettre en place un protocole analgésique multimodal : la douleur est la 1ère chose à faire disparaître si on veut espérer une reprise rapide du transit. (Contrairement à une idée reçue, les morphiniques ne ralentissent pas le transit chez le lapin.)
  • En cas d’hospitalisation (toujours souhaitable), votre compagnon sera perfusé pour mettre en place une fluidothérapie (sans eau, la fonction cellulaire normale peut être altérée et à nouveau votre compagnon sera en danger). On parle également de réhydratation parentérale.
  • Une fois le transit repris, votre vétérinaire pourra éventuellement vous conseiller de gaver votre lapin s’il ne s’alimentait pas tout seul. Si le lapin est hospitalisé, il sera très probablement réalimenté grâce à une sonde naso-gastrique.

5. La reprise du transit

Cette reprise chez le lapin est progressive, elle n’intervient généralement pas avant 24h. Il se mettra alors à faire de petites crottes, éventuellement enrobées de poils et/ou de mucus. Si rien n’apparaît le lendemain du traitement, les examens d’imagerie et de sang devront être renouvelés ; il faudra donc retourner sans attendre chez le vétérinaire.

Les 1ères 24h, il est conseillé de reprendre l’alimentation uniquement avec du foin et de l’eau.

Un contrôle à la radio est vivement conseillé au bout de 5 jours, afin d’écarter tout risque.

En général, 75 % des cas d’arrêt du transit chez un lapin se résolvent en 3 jours mais des récidives surviennent chez 30 % des animaux.

6. Comment éviter que cela se reproduise ?

L’hygiène alimentaire :

  • 80% de foin
  • des granulés contenant au moins 25% de fibres (pas plus de 20g par kg par jour)
  • donner des végétaux frais : 40gr par kg matin et soir. Le lapin devra y être habitué progressivement afin d’éviter le risque de dilatation cæcale.
  • pas de pain ou de mélanges de graines

L’hygiène du pelage :

Un lapin doit être brossé régulièrement afin d’éviter l’ingestion de poils morts qui pourraient obstruer le système digestif.

L’hygiène de vie :

Un lapin doit disposer de beaucoup d’espace afin de faire de l’exercice, celui-ci stimule le transit. La sédentarité et la cage sont les ennemis de la bonne santé de votre compagnon. Pourquoi pas également se lancer dans le kaninhop ?

Les bilans vétérinaires :

Il est nécessaire qu’un lapin nouvellement arrivé rencontre le vétérinaire, il le verra ensuite une fois par an pour assurer un suivi de son état général.

Il pourra également vérifier les dents qui peuvent être la cause d’un arrêt de l’alimentation qui entraînera un arrêt/ralentissement de transit.

Sources partielles de l’article : AFVAC, “The Private Life of the Rabbit: An Account of the Life History and Social Behavior of the Wild Rabbit”

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