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Épisode 2 – Pourquoi suis-je un être social mais pas toujours sociable ?

Pourquoi suis-je un être social mais pas toujours sociable ?

Épisode 2 – Pourquoi suis-je un être social mais pas toujours sociable ?

Constat : Les lapins sont des animaux grégaires, dans la nature ils ne vivent jamais seuls, la sélection naturelle ne les a pas fait évoluer dans ce sens.

Vous avez probablement souvent pu lire : Un lapin a besoin d’un congénère pour être épanoui. Pourtant vous savez, pour l’avoir expérimenté ou lu/vu, que votre lapin, lorsqu’il voit un camarade a tendance, dans la majorité des cas, à lui tomber dessus plus ou moins violemment !

Et là vous vous dites, « mais pourquoi ? » Lui qui est censé être un être social a l’air totalement désemparé et/ou énervé devant la présence d’un congénère. Congénère arrivé pour le rendre heureux ! C’est à partir de là que le questionnement intervient : « Ai-je bien fait ? »

Rassurez-vous, la réponse est OUI.

Mais alors pourquoi Panpan fait, de prime abord, gravement la gueule ?

C’est ça que nous allons tenter de vous expliquer. Bien entendu, tout sujet peut-être complété et peut évoluer en fonction des découvertes et des avancées.

L’espace vital

Dans la nature, les lapins de garenne sont très territoriaux et disposent d’un domaine vital allant de 500m² à 5 hectares.

Une fois domestiqué cet espace se réduit considérablement et cela est générateur de grandes tensions entre les individus. Lorsque l’espace vital est suffisant lors d’une interaction sociale un peu tendue (on peut tous de “disputer” un jour), l’un des deux protagonistes peut opérer un repli en s’éloignant significativement de l’autre.

Mais comment faire dans quelques m², voire moins parfois ? Comment faire accepter sa “reddition” à l’autre quand on ne peut pas adopter jusqu’au bout le comportement social approprié ?

Dans le cas d’individus à caractères « souples », de simples signes de renonciation suffiront ; dans le cas d’individus à forts tempéraments, si le code de « fuite » n’est pas respecté, il sera difficile de désamorcer le conflit.

Cet élément est valable qu’il s’agisse de lapins qui se connaissent déjà ou de présentations. Bien entendu, lorsque des lapins sont déjà amis, la situation a moins de chance de dégénérer malgré un espace réduit et une fuite limitée. Cependant, nous ne pouvons pas négliger le fait que cette réduction de l’espace vital a probablement un impact réel sur les échecs à long terme de certaines cohabitations.

La hiérarchie

Ouhhhh le vilain mot !

Soyons bien clair, il n’y a pas de hiérarchie entre vous et votre lapin ; mais entre eux elle existe, il est contreproductif de le nier,elle n’est pas ce que l’homme imagine voilà tout.

Dans la nature, ils vivent en couple ou en groupes sociaux de 5 à 10 individus en moyenne. On parle de colonie dès qu’il y a regroupement de plusieurs groupes sociaux sur un même territoire. Chaque groupe est guidé par un couple « dominant » qui assure la majorité de la reproduction. Les lapins, comme tous les autres animaux, disposent d’une personnalité qui leur est propre et dont dépend intrinsèquement le type de « chefs de famille » qu’ils seront ; tous les groupes n’ont pas la même « ambiance ».

Nous serions alors tentés de faire le parallèle (partiel en tout cas), avec l’organisation familiale de notre espèce dans laquelle le couple de parents dirige sa famille avec une bienveillante autorité.

C’est là que nous comprenons que les notions de hiérarchie et de dominance ne sont absolument pas limitables à des rapports de force survivalistes, ni à de la violence intraspécifique ; mais sont basées sur des rapports complexes de leadership, coopération et partage, le tout emprunt de règles sociales inhérentes à tout regroupement et dans une atmosphère liée au tempérament de l’ensemble des individus.

Il est d’ailleurs très intéressant de noter, qu’en dehors des périodes de reproduction, il est extrêmement rare de voir des animaux se battre ; ce qui, si leurs rapports sociaux étaient basés sur la force et le pouvoir, ne serait pas le cas.

Ces notions prennent toute leur importance quand vous ramenez un ami pour Panpan à la maison. Même si leurs relations seront complexes et évolutives, un des deux va vouloir assurer le leadership et pour cela, va devoir s’imposer. En général, il s’agit du 1er arrivé, le fait d’être en terrain conquis le met, dans un 1er temps, dans une position plus simple. Il est chez lui, sait où se trouve les ressources, n’a pas peur de l’environnement…

Il est important de noter que la hiérarchie est souvent contextuelle et fluctuante. Le lapin « chef » à la maison, peut devenir le « bêta » chez le vétérinaire par exemple, car il est plus effrayé, moins à l’aise etc… il va donc naturellement chercher réconfort chez son camarade qui dès lors, et dans cette situation, assurera le leadership. Qu’ils sont socialement futés, n’est-ce pas ?

Nous aborderons plus longuement la notion de hiérarchie et d’intelligence sociale dans un autre article.

L’intégration sociale

Dans la nature, les groupes sociaux formés voient très rarement l’arrivée d’un nouvel individu extérieur. Un membre peut quitter le groupe : maturité sexuelle, volonté de former son propre groupe pour assurer sa reproduction. Mais il est très rare qu’un nouveau membre y entre, encore moins s’il ne vient pas de la Colonie ! Ce n’est absolument pas naturel. Chez beaucoup d’espèce l’introduction possible d’un nouveau membre concerne uniquement les femelles, en âge de reproduire (voilà pourquoi on peut souvent conseiller de prendre le mâle en 1er, ils sont généralement plus contents de voir arriver une « fiiiiiiiiiiiiiiiiiiille !! » que l’inverse !) et dans les débuts, la nouvelle est souvent placée tout en bas de la « hiérarchie » familiale.

Une des raisons, certainement l’une des principales, pour laquelle Panpan fait la gueule c’est celle-ci ! Vous le confrontez à un paradoxe terrible sans vous en rendre compte :

  • Son besoin vital de vivre en groupe
  • Son rejet naturel pour l’introduction d’un nouvel individu dans son groupe déjà constitué

Oui, toute sa génétique lui hurle que l’arrivée d’un congénère est la chose la plus naturelle au monde, mais en même temps qu’il n’est absolument pas normal de voir un nouveau membre arriver dans son domaine vital.

  • Et là, contrarié, vous vous dites « Oui mais c’est moi le chef ! donc si je dis qu’il y a un nouveau, il devrait l’accepter non ? »

Ben non ! Vous n’êtes toujours pas un lapin ! Vous êtes un membre de la famille bizarre qu’il a accepté d’avoir, pas son chef. Lui, la seule chose qu’il se dit dans sa petite tête de Panpan c’est « Diantre un nouveau ! Chassons-le il est sur notre territoire ! Viiiiiiiiiiiiiiiite ! » Et voilà qu’il tape des pattes pour vous avertir du problème et prévenir l’autre de son mécontentement/état de stress/hésitation.

Si vous aviez été l’un des membres du couple « dominant », votre attitude aurait été capitale. Mais vous ne l’êtes pas ! (D’ailleurs profitons en pour dire que lorsque vous avez un groupe de lapins, c’est d’abord au « team leader » qu’il faut faire accepter le nouveau.)

Et là vous vous dites encore « Mais c’est un être social, il devrait être content !! »

Mais il l’est, ne vous en faites pas, c’est juste qu’il ne le sait pas encore. Pour le moment, il est simplement conscient que quelque chose de totalement « antinaturel » est en train de se produire, et en fonction de sa personnalité, cette « chose » sera plus ou moins facile à accepter.

Vous comprenez peut-être pourquoi votre lapin n’est pas capable, de faire ami/ami avec un autre lapin aussi facilement que ça. Ça nous évitera les :

  • « Ooooooooooh si on présentait nos lapins ? Ils vont être trop copains ! »
  • Non, dans 95% des cas, ils vont être « trop fâchés » !

Alors que faire ? Ami pour Panpan ou pas ?

Bien entendu que oui (si vous avez ce choix), il en a besoin, c’est un besoin atavique pour un animal social de côtoyer avec régularité des congénères. Et pour un lapin, la seule façon de le faire est de partager son quotidien avec un autre lapin.

Contrairement au chien, il n’a généralement pas la faculté d’amicaliser avec un congénère rencontré en promenade. Nous avons profondément modifié le comportement social du chien en dizaines de milliers d’années, contre 2000 à 4000 ans de domestication (max) pour le lapin ; qui en plus, lui a été domestiqué pour sa chaire et non pas ses qualités intrinsèques de compagnon/chasseur/gardien/protecteur etc….

Prenez le temps et les précautions nécessaires, mais pour son équilibre le plus complet, trouvez-lui un pote du sexe opposé ! (Castrés et stérilisés, est-il besoin de le préciser ?)

L’objectif n’est pas de faire culpabiliser ceux qui n’ont qu’un seul lapin, ni de leur laisser entendre que leur compagnon est malheureux. Avec une vie adéquate sur toutes les autres parties, il est probablement même très heureux, pas de doutes ; mais ce que nous disons ici est qu’il ne l’est pas pleinement, pas autant qu’il pourrait l’être. Alors pas de panique ! Ne filez pas trouver un nouvel ami à Panpan dans la demi-heure, réfléchissez en fonction de vos possibilités et moyens. Nul n’est parfait, et nul n’a à l’être, personne n’a non plus une vie idéale, l’important est d’avoir une belle vie.

Pour conclure sur un peu de réflexion philosophique.

Peut-être serait-il temps que nous les humains, nous interrogions sur nos pratiques avec nos compagnons à poils, à plumes et à écailles. Peut-être est-il temps de se poser la vraie et bonne question : « ai-je la capacité d’au moins répondre à ses besoins biologiques et psychologiques les plus primaires ? ». Prendre la responsabilité d’un être vivant c’est répondre à ses besoins en termes de sociabilité, de santé, d’alimentation et d’espace. Bien sur qu’un animal est résilient et peu se contenter de ce qu’il a, n’ayant jamais connu autre chose, mais nous humains, les « hautement pensants », n’avons-nous pas ce devoir que de nous interroger toujours plus ? De leur donner, naturellement, ce dont ils ont besoin, sans qu’ils ne le réclament ?

La loi des hommes nous donne le droit de les posséder et de prendre le contrôle de leur vie, à nous de le faire avec bienveillance, à nous de compenser la perte de liberté et de libre arbitre par une réponse appropriée dans tous les autres domaines.

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